Les années 50 & 60

Isetta, arrivée du rallye des 1000 Miglia (1954)

Isetta ? Ques-aco ?

La plus connue de ces voiturettes est italienne. Renzo Rivolta, le patron de la firme Iso, fabricant de motos, scooters et réfrigérateurs, décida, en 1952, de lancer une mini-voiture deux places à prix réduit qui soit accessible au plus grand nombre et qui permette également, dans des villes aux rues étroites comme Rome, de se garer partout, c’est à dire contre les murs ou perpendiculairement à la chaussée.

Isetta Iso

Le moteur 250 cc de l’une de ces Isomoto, une porte de réfrigérateur pour y pénétrer, et voici l’Isetta (petite Iso), qui permettra ensuite à BMW, en rachetant la licence à la fin des années cinquante de retrouver une nouvelle jeunesse et d’éviter la faillite..

 

N’allez pas chercher derrière leur formes étranges les grands designers de l’époque, genre Raymond Loewy ou Flaminio Bertoni : la plupart de ces engins ont été conçus dans l’urgence et pour le même motif : se déplacer, après les ravages économiques résultant de la seconde guerre mondiale, à moindres frais et, si possible, au chaud. Aller à l’usine en moto, c’est déjà pas mal quand on a survécu aux bombardements, aux privations et qu’en plus on a retrouvé un emploi… Mais quand on habite Osnabrück (Basse-Saxe), Denain (Nord) ou Newcastle Upon Tyne (Tyand And Wear), on rêve d’une carrosserie autour de sa BMW, de sa Motoconfort ou de sa BSA, pour se protéger des durs frimas de l’hiver. Ce fut alors l’ère des ingénieurs barrés, des inventeurs illuminés, qui tous oeuvrèrent à la conception de ces véhicules plus qu’étranges.

Exemple : le fameux Messerschmitt :

Messerschmitt KR 200

curieuse machine à trois roues à la silhouette de sauterelle, à la base un engin pour les invalides de guerre avant de devenir, sous l’impulsion de son inventeur, Fritz Fend, allié à la firme Messerschmitt, interdite après guerre de production d’avions, un incroyable aéronef des routes, à bord duquel on se sent pousser des ailes (sauf si l’on se retrouve à circuler entre deux camions)

Si, durant les années soixante, on prenait soin de remiser les belles Aston Martin et autres Triumph, qui se souciait de conserver ces mini voitures aux moteurs aussi « cheap » que leurs carrosseries ? C’est ce qui fait aujourd’hui leur rareté : un Messerschmitt KR 200 en état concours peut se négocier « cher ». Et si un bon nombre d’Isetta roulent encore, comment dénicher une Paul Vallée Chantecler ou un rarissime Inter ? De toute façon, le ressenti est le même : que ce soit à bord d’une jolie Avolette française ou d’une Kleinschnittger teutonne, d’une Rovin, d’une charmante PTV espagnole, ou d’une Gogomobil

Goggomobil

outre les ceintures de sécurité, les freins semblent également être une option…

Un microcar se conduit avec prudence, car ses réactions sont aussi imprévisibles qu’un animal sauvage ; et surtout, il s’arrête un peu quand il veut ou quand il le peut. Hormis peut-être à bord de l’opulente BMW 600, sorte d’Isetta sous stéroïdes, ou de la ravissante et bien conçue Vespa 400, élaborée par Piaggio mais construite entre 1957 et 1961 en France, prendre le volant (ou le palonnier) d’un microcar relève un peu de la folie douce.

Mais quoi de meilleur que de tracer, cheveux au vent, mal assis dans un de ces démoniaques et pimpants véhicules, en hurlant pour tenter de couvrir le bruit du moteur !