Un peu d’histoire…

Un microcar sinon rien !

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, l’industrie européenne est au plus mal.
Heureusement, de brillants ingénieurs et de farfelus inventeurs vont créer de petites voitures ‘low cost’ aux looks incroyables qui vont sillonner les départementales de France, des pays voisins et même des USA, de 1955 jusqu’au milieu des années soixante.
Pour les vedettes et les yéyés, ceux qui faisaient swinguer les années soixante, c’était plus Ferrari, Jaguar, Lamborghini et Cadillac, gros V8 et chromes rutilants, que les Isetta 250 ou les Mochet 125 cc : 70 km/h vent dans le dos dans un bon nuage d’huile cramée.

Pourtant, Elvis Presley, le ‘King’, en avait une : un Messerschmitt KR 200 ramené d’Allemagne.

Quant à Cary Grant, il préférait l’Isetta pour ses déplacements new-yorkais.

Pour sa caravane du tour de France 1960, la firme Aspro pencha pour la Velam,

tout comme Maurice Chevalier, qui l’utilisait au début des années 60 pour circuler dans Paris.

Alors ? Pas stars, les microcars ?

Le monde des microcars compte plus d’une centaine de marques aux noms souvent aussi marrantset décalés que leurs carrosseries. Il y a l’insensé Scootacar anglais, que l’on pilote assis sur le moteur ; la française Reyonnah (anagramme de son inventeur, Robert Hannoyer), et ses deux roues avant qui se plient,

Le Velorex tchèque et sa carrosserie en skaï, tenue par des boutons pression sur des tubulures en métal ;

 

La Frisky Sport, tout juste tombée du manège ;

la mignonne Goggomobil, ses portes ‘suicide’ et ses 120 km/h en version 400 cc (pour les cœurs très bien accrochés) ; le Biscooter, véhicule équivalent à deux scooters pour son créateur, l’avioniste français Gabriel Voisin, machine revendue aux Espagnols et devenue le Biscuter ‘Zapatilla’ (pantoufle).

A l’origine, les microcars étaient le parent pauvre de l’automobile.
Ces engins furent conçus pour être accessibles au plus grand nombre, peu chers à produire, guère plus à acheter, ce devait être la voiture populaire, l’alternative économique pour ceux qui en avait assez de se les geler en scooter… Parmi toutes ces fourmis de la route, il y a celles qui s’ouvrent par l’avant, par l’arrière ou les deux extrémités comme la Zundapp Janus.

Pour le Messerschmitt c’est un cockpit d’avion qu’il faut soulever. Il y a celles à trois roues : deux devant et une derrière ou une devant et deux derrière. Celles à deux temps ou à quatre temps, un phare ou trois phares, en plastique, en tôle, en fibre de verre ou en aluminium…Tous ces engins bizarroïdes, aux looks d’insectes mutants, ont en tout cas trois points communs : leurs portes (zéro, une ou deux maximum) , l’absence cruelle de jauge d’essence et leur moteur, le plus souvent des 200 ou 300 centimètres cube, voire 700 et le plus souvent avec des propulsions empruntées aux motos, d’où leurs noms : motocars, bubblecars , microcars …